Portrait de Julienne, écrit le  18 août 2011  par Nathalie BAGDASSARIAN

« Les anges bienveillants de Julienne »


Julienne
a appris qu’elle avait un cancer un jour de mars 2009.

Depuis plusieurs semaines, Julienne est gênée par une douleur à l’épaule droite. Elle a pris l’habitude de  prendre un Doliprane et  tout se calme. Jusqu’au jour où le mal arrive d’un coup, aiguë et foudroyant. Si vif, qu’elle se rend vite chez son médecin. Il cherche. Ne trouve rien à droite sur cette épaule. Cherche. Questionne . « Et c’est en palpant  le sein gauche, qu’il a senti une petite boule. Sans ce geste , je serais peut-être morte aujourd’hui ». Car l’Ange de Julienne persiste. A la mammographie, la radiologue arrive tout sourire pour lui annoncer que tout va bien, qu’il n’ y a rien. « J’ai insisté, je  lui ai dit que le médecin avait senti une petite boule. Il m’a alors fait une échographie. Une tache de 9 millimètre était bien visible ».

Deux jours après, les résultats d’analyses en main, le radiologue lui annonce « qu’elle a un petit cancer ». « J’ai écouté et tout de suite je lui ai demandé : mais qu’est-ce que je dois faire maintenant ? ». Les premières larmes de Julienne vont couler chez le chirurgien quand il lui annonce que ses cheveux « risquent » de tomber. « Alors là, je ne sais pas pourquoi, ce sont mes cheveux qui m’inquiétaient, pas l’opération. Quand ensuite l’oncologue m’a conseillé de raser mes cheveux avant la  première chimio, j’ai de nouveau pleuré. Ils sont tombés par poignée. J’ai mis une perruque et en vacances dans ma famille à la Martinique, j’ai mis des foulards. Mon mari et mes fils n’aimaient pas me voir sans rien. Mais j’allais bien. Mon mari a été plus malade que moi ».

Julienne s’est  étonnée de tant de force . « Mon beau-frère m’a surnommé Mme Tout Va Bien. Jamais je n’ai pensé mourir. Je faisais confiance aux médecins. Pendant la chimio, je n’ai pas compris, j’avais beaucoup d’appétit, j’étais, c’est vrai, très fatiguée,  mais je partais marcher, mes amis m’invitaient, me téléphonaient. Le Bon Dieu a voulu savoir comment je m’en sortais ».

Julienne se confie avec pudeur. Elle sourit. Elle observe, réfléchit.  «Cela a changé ma vie. Maintenant, je lâche, je vis tranquille. Je me sens heureuse. La vie est géniale. Il suffit de très peu pour vivre ». Julienne est certaine qu’elle a eu beaucoup de chance. Elle est entourée d’anges. Elle en a une multitude. Une collection commencée bien avant que l’un d’entre eux la protège d’une tape sur l’épaule…