Murielle

Portrait de Murielle, écrit par Nathalie, le 9 avril 2009

Rien n’a arrêté Murielle.  Pas même un cathéter au milieu d’un décolleté !

Le décolleté de sa robe de mariée. En ce 12 juillet, jour de mariage, il a vite fallu trouver la parade pour masquer les signes des premiers jours de chimio.  Côté gauche, côté cœur, la bosse du boîtier a surgi. Une vague sur sa peau. Une invitée indésirable en ce jour tant attendu…

Murielle a choisi la  simplicité. Elle a accroché sur son bustier une grande fleur blanche. Le cathéter a disparu dans les pétales. Ni vu ni connu! Pour les cheveux, difficile d’appliquer la même recette…  A part la perruque,  Murielle ne voit pas d’autre solution.  Elle a demandé, quelques jours avant,  à son père,  de lui raser les cheveux. Son père, rempli d’amour, s’est exécuté.

Sur la photo de mariage, sur la grande plage de Biarritz, la mer pour horizon, une belle jeune femme martiniquaise sourit, sa petite fille dans les bras, enlacée par son mari. Sur le sable, des « merci » sont tracés. Merci à tous ceux qui assistent à son bonheur.  Merci à ceux qui la font tenir debout malgré la fatigue du traitement.  Merci à sa chère famille qui a traversé l’océan pour  savourer ce jour d’union.  Merci à sa petite fille qui bu la vie à ce sein si généreux et pourtant malade.  Merci à Stéphane, l’homme qu’elle aime et qu’elle préserve et qui, sans l’ombre d’un doute, un jour sur son lit d’hôpital lui a renouvelé sa demande en mariage.

Murielle est un grand merci à la vie.  Elle est infirmière.  Elle est certaine que son fibrome au sein droit, qu’elle surveille depuis son adolescence,  a enserré la tumeur l’empêchant dans ses méandres de gagner sa chair. Bien avant la première opération, et les résultats d’analyses,  Murielle a su que la tache, sur la radio, « l’image »,  comme l’appelle la gynécologue,  était  le signe discret d’une présence anormale. « Ca me creusait la tête, mais  je rassurais mes parents, mes soeurs, je restais vague pour n’inquiéter personne»

Et un dimanche,  le jour de  la fête des mères,  à l’hôpital,  le chirurgien lui révèle le sens de « l’image » : carcinome infiltrant grade 3. Réflexe du métier, Murielle interroge : « Combien de centimètres ? » . Réponse scalpel du chirurgien : « Trois centimètres,  j’ai tout ’enlevé mais il faut maintenant retirer les ganglions. Il va falloir retourner au bloc ». Le rendez-vous est pris, 23 ganglions  sont retirés, disséqués mais aucune trace de métastases« Et c’est  pourtant là que j’ai  accusé le coup,  je me suis dit : je veux voir grandir ma fille. Marcher à ses côtés ».

Marcher comme aime le faire Murielle,  au lever du soleil. A l’aube, en sortant de sa maison où dorment encore sa petite fille et son mari,  elle s’offre les premières lueurs du jour du haut de la falaise.  Au pied du phare. Gardienne de leur bonheur.

Nathalie Bagdassarian

Nathalie Bagdassarian, une journaliste dans l’équipe…

Pour présenter les auteurs du blog, nous avons fait appel à une journaliste professionnelle, Nathalie Bagdassarian. Nathalie travaille pour la radio France Bleu Pays Basque, elle présente le journal. Elle est membre actif de l’association « Mieux vivre mon cancer » et  accepte de mettre ses talents de journaliste au service de l’association. C’est elle qui redige les portraits des membres de « Mieux vivre mon cancer » avec son ressenti de journaliste, son coeur et ses émotions…